Je suis une enfant blessée devenue une adulte fragile

Je pensais être proche de mes parents, la fille unique tricotée serrée. C’était seulement une illusion. Un désir profond ou un besoin intrinsèque, j’y réfléchis encore. Lorsque, je suis devenue maman, cette image de famille parfaite a disparue. Elle s’est brisée. Un certain malaise m’envahit en leur présence. Lorsque j’y pense, il y avait de la violence psychologique, des menaces, des punitions très sévères, des soirs sans repas et bien plus. Tout simplement, parce que je vivais. J’ai pleuré de nombreuses nuits en silence dans ma chambre. Certains mots raisonnent encore si fort dans ma tête. Je n’arrive pas à les faire disparaître.


Je me souviens de tous ses Noëls tristes. L’abondance de cadeaux n’efface aucune colère ou parole blessante. Le sentiment d’incompétence revenait continuellement. Je n’étais pas suffisante, je n’étais pas silencieuse. J’ai fait semblant d’être heureuse si longtemps. Mon coeur et ma tête se culpabilisaient sans cesse. Je voulais profondément être parfaite pour eux. D’ailleurs, tous ses souhaits prononcés en soufflant mes bougies sur mon cadeau, c’était ça. En écrivant ces lignes, je verse des larmes. Les souhaits d’anniversaire devraient être remplis de confettis dorés. Après tout, ils m’avaient offert la vie. Ils étaient tout pour moi. Je me suis infligée des douleurs intenses pour être celle qui saurait satisfaire toutes leurs exigences.


Aujourd’hui, je vis avec les répercussions de cette enfance douloureuse. Au fil du temps, je le réalise. Plus je vieillis et plus je m’éloigne d’eux. J’emprunte un chemin différent, tout simplement. Malheureusement, mon enfance définit la femme que je suis présentement. Je suis anxieuse, une grande peur de l’échec m’habite et j’ai peu confiance en moi. Je me bats constamment avec moi-même pour réussir à me libérer de toutes mes blessures intérieures. Je suis essoufflée, mais je continue. Je veux être en paix . J’ai aussi envie d’offrir une enfance heureuse à mes humaines , une enfance remplie de bienveillance. Je veux qu’elles soient libres , fortes et confiantes. Je veux qu’elles s’affirment dans le plus grand des respects. Je leur souhaite des bonheurs tranquilles aussi. C’est un peu pour toutes ses raisons que la parentalité empathique est au cœur de notre maison. Parfois, j’ai envie qu’on me berce et qu’on me console. Je suis une enfant blessée devenue une adulte fragile.

23 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout
  • Icône Facebook noire
  • Icône Instagram noire

© 2020 par Talons hauts et bassinette. Réalisé avec Wix.com

  • Icône Facebook noire
  • Icône Instagram noire