• Kimberly Plourde

Lettre à ma mère - Je comprends maintenant...

Maman, je comprends maintenant. Je comprends qu’avec la maternité vient un sentiment de culpabilité constant et étouffant. Je comprends que tu as dû faire des concessions pour arriver à faire tout ce que tu pensais être le mieux pour notre famille. Quand tu essayais de jongler avec toutes les responsabilités, il semblait tout simplement logique de couper dans ton temps à toi pour y arriver. Tu t’es drôlement mis à penser que c’était égoïste de ta part de prendre soin de ta santé mentale et de garder un équilibre, que tu n’avais pas le droit de le faire. Plus ça allait, plus tu t’enfonçais. Tu n’existais plus en tant que femme, tu n’étais qu’une maman. Je comprends maintenant.

Je comprends maintenant que tu étais fatiguée, tellement fatiguée. L’idée de dormir un seul matin jusqu’à 10 h devenait jouissif. Je comprends maintenant que tu étais parfois à bout de souffle, que tu avais un besoin criant pour de l’aide. Tu sais maman, on ne t’en aurait pas voulu de nous envoyer plus souvent chez Mamie. Je comprends maintenant que ça t’aurait fait un bien fou de te retrouver seule ou même de sortir avec tes amies. Je comprends que quand tu aurais eu l’occasion de le faire, la maudite culpabilité reprenait le dessus et tu cherchais toutes les raisons du monde pour nous garder près de toi. Je comprends maintenant.

Je comprends maman que tu ne faisais que du mieux que tu pouvais. Je comprends que le fait que tu étais exténuée n’affectait en rien l’amour que tu avais pour nous. Je comprends que d’aller souffler n’était pas que pour toi, mais pour nous revenir les batteries rechargées. Tu sais maman, si les autres mamans jugent là-dessus, c’est peut-être parce qu’au fond, elles en ont envie elles aussi, un petit cri à l’aide caché par des mots laids.  Je comprends, parce que j’ai jugé moi aussi.  

Je t’écris cette lettre à 8 h, à moitié habillée, les cheveux remontés et gras, prenant mon 3e café avec bébé qui chigne dans les bras et ma grande qui appelle mon nom sans arrêt pour une quinzième collation. J’ai presque peur de mon terrible two qui dort encore, mais qui se lèvera sous peu. Je rêve un peu à samedi, sachant que tu vas les prendre et leur donner tout l’amour du monde pendant que je souffle un peu. Je comprends maintenant que toi aussi tu en avais besoin et que ça ne fait pas de nous de moins bonnes mamans.

Maman, je comprends maintenant. Merci pour tout.


Ta fille qui t’aime énormément xxx

133 vues0 commentaire
  • Icône Facebook noire
  • Icône Instagram noire

© 2020 par Talons hauts et bassinette. Réalisé avec Wix.com

  • Icône Facebook noire
  • Icône Instagram noire